Lait : une régulation européenne pour un prix rémunérateur

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Plan stratégique de la filière laitière

Entretien

André Pflimlin, 67 ans, fils de petits agriculteurs alsaciens, ancien ingénieur de l'institut de l'élevage bovin.


Jeudi soir, à la salle des fêtes, devant une cinquantaine de producteurs de lait, en collaboration avec les partenaires de France Milkboard, il a fait un état des lieux de la production laitière européenne et mondiale. S'appuyant sur son livre, l'Europe laitière, il a expliqué la diversité des systèmes. Au lieu de réguler et d'équilibrer les marchés, la politique de libéralisation et du laisser-faire a accentué la diversité et la disparité Quelles solutions pour demain ?

Il vaut mieux respecter la diversité pour valoriser toutes les potentialités. Il ne faut pas faire la même chose en Irlande, au Danemark, en Espagne ou en Roumanie. Des régions sont plus adaptées à l'élevage avec de l'herbe avec des gens qui ont envie de travailler et de gagner leur vie. Si on refuse la diversité, on va éliminer des millions de producteurs

Que peut-on faire dans notre région pour s'en sortir ?

La Bretagne a déjà pas mal d'animaux. Il n'y a pas que l'élevage comme richesse. Le tourisme sera demain une richesse beaucoup plus importante que l'élevage. Il va falloir trouver des compromis. Avec suffisamment d'élevages plus autonomes et des systèmes de production de cochons plus propres.

Quelle est la ferme laitière idéale pour demain ?

Une ferme familiale, pour un ménage avec 50 vaches, avec un lait qui aurait une certaine plus-value dans un système qui respecte l'environnement et avec pas mal d'herbe. Il ne faut pas que le maïs devienne l'aliment de base. Car cela aboutirait au même type de lait partout. Uniformiser n'est bon pour personne.

Que proposez-vous après l'abandon des quotas ?

Je crains une guerre économique dans laquelle les plus compétitifs survivront et pourront aller se battre avec les Néo-Zélandais. C'est aux politiques de réguler pour éviter de véritables concentrations. Déjà, de grands pays libéraux comme les États-Unis sont en train de sécuriser leurs producteurs en mettant en place une vraie régulation et en garantissant une marge sur le lait, pas seulement sur le prix mais en intégrant le coût de l'aliment et assorti d'une régulation des volumes.

Source : http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Lait-une-regulation-europeenne-pour-un-prix-remunerateur-_22220-avd-20120114-62043416_actuLocale.Htm